• [Latin] Phonétique, écriture du latin et système nominal

    Phonétique, écriture du latin et système nominal

     

    Phonétique et écriture du latin

     

    ↪ L'alphabet

    La prononciation restituée est celle des Latins du Ier siècle av. JC telle que les grammairiens modernes ont pu la reconstituer. Le principe est simple, chaque lettre se prononce et toujours de la même façon. Il faut donc accentuer sur les doubles consonnes (de façon naturelle hein) pour que l'on entende qu'il y a deux fois la même lettre. De plus, elles ne nasalisent jamais la voyelle qui précède. Ex : amant va se prononcer [a-ma-n-t].

    Lettres

    Prononciation

    Exemples

    Lettres

    Prononciation

    Exemples

    A

    [a]

    audit [a-ou-di-t]

    M

    [m]

    templum [tè-m-ploum]

    B

    [b]

    bene [bé-né]

    N

    [n]

    sapienta [sa-pi-é-n-ti-a]

    C

    [k]

    cecidi [ké-ki-di]

    O

    [o]

    moenia [mo-é-ni-a]

    D

    [d]

    deus [dé-ouss]

    P

    [p]

    pulcher [poul-k-hé-r]

    E

    [é]

    diei [di-é-i]

    QU

    [kou]

    aqua [a-kou-a]

    F

    [f]

    facio [fa-ki-o]

    R

    [r]

    pulcher [poul-k-hé-r]

    G

    [gu]

    agnus [a-g-nouss]

    S

    [ss] ou [ç]

    rosa [ro-ssa]

    H

    [h] aspiré

    hora [ho-ra]

    T

    [t]

    gratia [gra-ti-a]

    I

    [i]

    diei [di-é-i]

    U

    [ou]

    monui [mo-nou-i]

    J

    [y] (yeux)

    ejus [é-youss]

    V

    [ou] (ouate)

    amavi [a-ma-oui]

    K

    [k]

    kalendae [ka-lé- n-da-é]

    X

    [ks] (excès)

    exeo [ék-sé-o]

    L

    [l]

    villa [ouil-la]

    Y

    [u]

    Pythia [Pu-thi-a]

     

    Remarques :

    • Le signe ˘ surmonte une voyelle brève : ă = [a] bref (comme dans patate).

      Le signe ˉ surmonte une voyelle longue : ā = [a] long (comme dans pâte).

      Cependant, ce ne sont pas les Romains qui indiquaient la longueur des voyelles (c'était un peu inné chez eux si je puis dire) ; c'est pour faciliter l'apprentissage de la prononciation que l'on note aujourd'hui les voyelles au moyen de ces signes et on s'en sert dans le cadre de la poésie lorsque l'on scande un vers (on y reviendra peut-être plus tard).

    • Les diphtongues (æ, au, eu, œ) sont toujours longues. On les prononce en faisant entendre successivement, mais de façon continue, les deux voyelles qui les composent.

    • L'aspiration du « h », très faible au départ, n'est plus aussi sensible à l'intérieur des mots (ce qui donne des contractions du type nihil > nil).

    • En latin, il n'existait qu'un seul signe pour écrire « i », « j », « u », « v » Ex : Juvenis s'écrivait IVVENIS (majuscules), iuuenis (minuscules). Les lettres « j » et « v » ont été ajoutées au XVIème siècle pour rendre la lecture plus facile.

     

    ↪ L'accent

    Dans les mots latins de plusieurs syllabes, une syllabe était prononcée de façon plus aiguë et sans doute plus forte que les autres. Elle portait l'accent tonique.

    • Dans les mots de deux syllabes, l'accent tonique est sur la première.

      Ex : bona, cura, rosae > la diphtongue compte pour une seule syllabes.

    • Dans les mots de plus de deux syllabes, l'accent tonique se trouve :

      - sur l'avant dernière syllabe, si elle est longue par nature ou par position

      Ex : monere

      - sur la syllabe qui précède l'avant dernière, si l'avant dernière syllabe est brève.

      Ex : legere

    • Les mots d'une seule syllabe ont aussi l'accent tonique, sauf certaines exceptions (prépositions, conjonctions).

       

       

      ?
      Info : Je n'ai jamais appris les accents et ce doit être le cas de la majorité des personnes qui ont appris le latin. Mais, cela peu intéresser certain(e)s.

     

     

    Exercice 1

    Essayer de lire à voix haute le texte suivant :

    Clœlĭa uirgo, una ex obsidĭbus, cum castra Etruscorum forte haud procul ripa Tibĕris locata essent, frustrata custodes, dux agmĭnis uirgĭnum inter tela hostĭum Tibĕrim tranauit, sospitesque omnes Romam ad propinquos restitŭit.
    Quod ubi regi nuntiatum est, primo incensus ira oratores Romam misit ad Clœlĭam obsĭdem deposcendam [...] Deinde in admirationem uersus, "supra Coclĭtes Muciosque" dicĕre "id facĭnus esse".

    Tite-Live, Histoire romaine, II, 13, 3-8.

     

     

    Système nominal

     

    ↪ Une langue casuelle ou à flexion

    Il existe deux sortes de langues :

    • Les langues "non casuelles" (où les cas ont disparu), dans lesquelles la fonction des mots est déterminée par leur place dans la phrase, et/ou par la sémantique ; ainsi, dans la phrase "le chat mange la souris", c'est à la fois la place du mot "chat" en tête de phrase, devant le verbe, l'accord de ce verbe avec ce nom masculin singulier, et enfin ce que nous savons de la taille et du régime alimentaire respectifs des chats et des souris, qui nous permettent de dire que "le chat" est sujet, et "la souris" COD.
      Le français, l'anglais, l'italien, l'espagnol sont des langues non flexionnelles.

    • En revanche, le latin, le grec, le russe, l'allemand sont des langues casuelles, ou "à flexion" : le mot indique, par sa forme même (généralement au moyen d'une désinence, d'un suffixe si vous préférez) quel est son cas, et donc quelles sont ses fonctions possibles.

    La déclinaison latine comprend six cas, c'est-à-dire six formes prises par le nom selon sa fonction :

     

    Cas

    Fonctions

    Nominatif

    Sujet, attribut du sujet

    Vocatif

    Apostrophe

    Accusatif

    COD, lieu où l'on va, durée

    Génitif

    Complément du nom, quand on parle de la matière d'un objet

    Datif

    COI, datif d'intérêt

    Ablatif

    Complément circonstancielles, date, lieu où l'on est ou d'où l'on vient, complément d'agent

     

    Un cas correspond en général à plusieurs fonctions. L'accusatif, cas du COD, sert aussi à exprimer le "lieu où l'on va" et la durée. Et inversement, une fonction peut correspondre à plusieurs cas. Ainsi, le COD est majoritairement exprimé par un accusatif, mais certains verbes se construisent avec un génitif ou un datif.

     

    !
    Il est donc impératif, avant de continuer d'approfondir les cours de latin, de connaître en premier lieu les fonctions du nom en français sinon vous ne pourrez pas suivre.

     

    Petit mémo-technique pour retenir l'ordre des cas : Nous vous accueillons généreusement dans l'abbaye : No > Nominatif ; Vo > Vocatif ; Acc > Accusatif ; Gén > Génitif ; Da > Datif ; Ab > Ablatif.

    ↪ Les déclinaisons

    Comme nous l'avons dit, le latin possède six cas marqués par des désinences, il possède également trois genres (masculin, féminin et neutre) ainsi que deux nombres (singulier, pluriel). En tout, il y a cinq déclinaisons de noms. Sachez aussi que les noms propres se déclinent comme les noms communs.

     

    Voici le tableau des désinences, mais ne vous inquiétez, ne reviendront sur chacune des déclinaisons prochainement ; c'est juste pour vous montrer.

     

     

     

    Singulier

     

    Nominatif

    Vocatif

    Accusatif

    Génitif

    Datif

    Ablatif

    1ère déclinaison

    -a

    -a

    -am

    -ae

    -ae

    -a

    2ème déclinaison

    -us/um

    -e/um

    -um

    -i

    -o

    -o

    3ème déclinaison

    -s/ ∅

    -s/ ∅

    -em

    -is

    -i

    -e/i

    4ème déclinaison

    -us

    -us

    -um

    -us

    -ui

    -u

    5ème déclinaison

    -es

    -es

    -em

    -ei

    -ei

    -e

     

     

     

    pluriel

     

    Nominatif

    Vocatif

    Accusatif

    Génitif

    Datif

    Ablatif

    1ère déclinaison

    -ae

    -ae

    -as

    -arum

    -is

    -is

    2ème déclinaison

    -i

    -i

    -os

    -orum

    -is

    -is

    3ème déclinaison

    -es

    -es

    -es

    -um

    -ibus

    -ibus

    4ème déclinaison

    -us

    -us

    -us

    -uum

    -ibus

    -ibus

    5ème déclinaison

    -es

    -es

    -es

    -rum

    -bus

    -bus

     

    Vous devez vous demander (enfin je l'espère cela voudrait dire que vous suivez) comment fait-on pour savoir quel nom appartient à quelle déclinaison.  Lorsque l'on cherche un mot dans un dictionnaire, on trouve par exemple : rosa, ae, f : rose. Cette forme nous permet de déterminer à quelle déclinaison appartient le nom. Rosa correspond au nominatif singulier et -ae est une désinence qui correspond au génitif singulier (rosae). Or, chaque déclinaison a un génitif singulier qui lui est propre ce qui nous permet de l'identifier.

     

     

    1ère déclinaison

    2ème déclinaison

    3ème déclinaison

    4ème déclinaison

    5ème déclinaison

    Nominatif singulier

    -a

    -us ou -er ou -um

    variable

    -us ou -u

    -es

    Génitif singulier

    -ae

    -i

    -is

    -us

    -ei

     

     

    Rien de bien compliqué n'est-ce pas ?

     

     

    Exercice 2

     

    Indiquer à quelle déclinaison appartiennent les mots suivants :

     

    1. dominus,i

    2. frux, frugis

    3. fama, ae

    4. exercitus, us

    5. ager, agri

    6. agricola,ae

    7. res, rei

    8. civis, is

    9. domus, us

    10. puer, pueri

     

     

    Exercice 3

     

    Analyse grammaticale : voici un célèbre sonnet de Du Bellay. Quelle est la fonction des mots soulignés ? Si vous deviez les traduire en latin, à quel cas les mettriez-vous ?

     

    France, mère des arts, des armes et des lois,
    Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
    Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
    Je remplis de ton nom les antres et les bois.

    Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
    Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
    France, France, réponds à ma triste querelle.
    Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.

    Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine,
    Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
    D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

    Las, tes autres agneaux n'ont faute de pâture,
    Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :
    Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.

    Du Bellay, Regrets

     

     

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